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Chevalier, Grégoire. Analyse des interactions entre lymphocytes T CD8 et neurones au moyen du modèle de neuroinflammation induite par le Bornavirus

Chevalier, Grégoire (2011) Analyse des interactions entre lymphocytes T CD8 et neurones au moyen du modèle de neuroinflammation induite par le Bornavirus.

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Résumé en francais

Les lymphocytes T CD8 cytotoxiques (CTL) sont aujourd'hui considérés comme des acteurs clés dans diverses pathologies neuroinflammatoires ou neurodégénératives, telles que la sclérose en plaques, l'encéphalite de Rasmussen ou la maladie d'Alzheimer. On présume qu'ils participent aux lésions neuronales observées dans ces pathologies bien que leur contribution précise reste à déterminer. En effet, la possibilité que les neurones puissent représenter une cible pour les CTL reste controversée, notamment parce que les neurones expriment peu de molécules du complexe majeur d'histocompatibilité de classe I (CMH-I) en conditions physiologiques. Dans ce contexte, l'objectif général de ma thèse était donc d'analyser les interactions entre CTL et neurones, ainsi que leurs conséquences, au moyen d'un modèle original de neuroinflammation. Pour cela, j'ai utilisé le modèle de neuroinflammation induite par l'infection avec le virus de Borna (BDV). L'infection intracérébrale du rat Lewis avec ce virus neurotrope, absolument non cytolytique aussi bien in vivo qu'in vitro, est connue pour induire une inflammation médiée par les CTL. Les CTL purifiés à partir du cerveau de rats infectés sont incubés ex vivo avec des cultures primaires de neurones corticaux de rats Lewis, préalablement infectées par le BDV. Ainsi, j'ai pu analyser la dynamique et les conséquences de l'interaction entre CTL et neurones, en utilisant notamment des techniques d'imagerie en temps réel. D'une part, j'ai pu observer que l'infection par le BDV induit l'expression de CMH-I à la surface des neurones, les rendant potentiellement susceptibles à l'attaque par les CTL. D'autre part, les CTL sont préférentiellement recrutés dans le cerveau des rats infectés et surexpriment fortement des effecteurs cytolytiques en terme d'ARNm. De plus, suite à l'incubation avec des neurones infectés, les CTL purifiés à partir du cerveau peuvent sécréter de l'IFN-gamma, alors que ce n'est pas le cas suite à une stimulation avec des neurones non infectés ou lorsque les CTL sont purifiés à partir de la périphérie. Par la suite, l'enregistrement en temps réel des interactions CTL-neurones a révélé que la mobilité des CTL est sévèrement réduite, et ce de façon dépendante de l'interaction avec le complexe CMH-I/antigène viral, suggérant une interaction spécifique avec les neurones. En outre, l'observation de neurones marqués à la calcéine a permit de montrer des changements rapides de la morphologie neuronale, dépendant encore une fois du CMH-I. Afin d'étudier les propriétés électrophysiologiques des neurones pendant cette attaque par les CTL, nous avons enregistré l'activité électrique de réseaux de neurones corticaux mis en culture sur des supports à électrodes multiples en collaboration avec le Pr. Le Masson (Inserm U862). De façon surprenante, l'analyse fonctionnelle des neurones montre que le réseau neuronal reste électriquement actif durant cette période. De plus, les neurones semblent assez résistant à l'attaque par les CTL puisque l'activation des caspases 3 et 7, indiquant l'induction de l'apoptose, n'est détectée qu'au bout de 4 heures de co-incubation. Dans leur ensemble, ces données suggèrent que la dynamique de l'attaque neuronale par les CTL semble être différente de celle d'une cible conventionnelle.

Sous la direction du :
Directeur de thèse
Dunia, Daniel
Liblau, Roland
laboratoire/Unité de recherche :Centre de Physiopathologie de Toulouse-Purpan (CPTP), UMR 1043
Mots-clés libres :Neurones - Lymphocytes T CD8 - Bornavirus
Sujets :Sciences du vivant
Déposé le :08 Mar 2012 13:37