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Lacan, Marie. La néolithisation du bassin méditerranéen : apports de l'ADN ancien

Lacan, Marie (2011) La néolithisation du bassin méditerranéen : apports de l'ADN ancien.

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Résumé en francais

La transition néolithique a été un évènement majeur dans l'histoire du peuplement de l'Europe. Afin d'évaluer directement comment la néolithisation du bassin méditerranéen a pu influer sur le génome des européens anciens, nous avons mené des analyses moléculaires sur des spécimens humains datant de cette période. Les analyses ont porté sur 134 prélèvements provenant de 29 sites archéologiques différents, datés du mésolithique jusqu'à la jonction avec la période protohistorique. Une attention plus particulière a été portée sur deux sites principaux, pour lesquels les premiers prélèvements étudiés semblaient contenir de l'ADN endogène relativement bien préservé, la " Cova de l'Avellaner " en Catalogne espagnole (première moitié du Vème millénaire av. J.-C.), et la " grotte I des Treilles " (Aveyron) datée de la fin de la période néolithique (environ 3000 ans av. J.-C.). Malgré les difficultés rencontrées inhérentes aux particularités de l'ADN ancien, nous avons pu analyser différents types de marqueurs moléculaires localisés à la fois sur l'ADN mitochondrial, mais aussi sur l'ADN nucléaire (autosomes et chromosome Y). Cela nous a permis d'obtenir des informations inédites sur le recrutement funéraire des deux cavités sépulcrales principales (détermination du sexe des individus, des liens de proche parenté, et de la structure génétique globale), mais aussi de déterminer l'origine biogéographique des individus inhumés. Nous avons également pu analyser un polymorphisme nucléaire associé avec la persistance de la lactase. Dans l'ensemble, les résultats confirment que la diffusion du Néolithique a bien été un phénomène hétérogène en Europe. Ils suggèrent également que l'impact de cette transition a pu être différent sur les lignées féminines et masculines. En effet, si les haplogroupes mitochondriaux retrouvés sont assez variés et sous entendent une origine maternelle diversifiée et majoritairement ancienne, la plupart des individus masculins portent des haplogroupes Y décrits comme étant associés à l'expansion néolithique (G2a et E1b1b1a1b). Un biais imputable au recrutement funéraire mis en œuvre au sein des deux ensembles sépulcraux peut cependant expliquer la faible diversité retrouvée au sein des lignées paternelles ; de nouvelles investigations seront nécessaires pour confirmer ces premières constatations. En tous cas, ces résultats représentent, à ce jour, les premières données existantes sur lignées masculines présentes au Néolithique dans le sud ouest de l'Europe. Au final, ce travail prouve pour la première fois grâce à des données moléculaires anciennes, que la néolithisation du sud ouest de l'Europe a bien été accompagnée d'une diffusion de personnes le long des côtes méditerranéennes qui auraient introduit dans les régions occidentales de la Méditerranée, de nouvelles lignées génétiques depuis les Balkans et/ou le Proche Orient.

Sous la direction du :
Directeur de thèse
Crubezy, Eric
Guilaine, Jean
Ecole doctorale:Biologie, santé, biotechnologies (BSB)
laboratoire/Unité de recherche :Laboratoire d’Anthropobiologie Moléculaire et d’Imagerie de Synthèse (AMIS), UMR 5288
Mots-clés libres :ADN ancien - Néolithique - Bassin méditerranéen
Sujets :Sciences du vivant
Déposé le :26 Mar 2012 16:52