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Leprieur, Fabien. Les introductions d'espèces de poissons d'eau douce : distribution spatiale, déterminants et impacts sur les espèces natives

Leprieur, Fabien (2007). Les introductions d'espèces de poissons d'eau douce : distribution spatiale, déterminants et impacts sur les espèces natives.

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Résumé en francais

Bien que les espèces non natives de poissons d'eau douce soient bien identifiées, les facteurs déterminant leur distribution spatiale ainsi que leurs impacts sur la biodiversité sont encore peu connus, en particulier à de larges échelles spatiales. Dans ce contexte, cette thèse vise : (i) à une meilleure compréhension de l'impact des espèces non natives de poissons d'eau douce sur les espèces natives ; et (ii) à identifier les facteurs qui contrôlent la distribution spatiale des espèces non natives. Pour cela, différents niveaux de perception du processus d'introduction d'espèces et différentes échelles spatiales ont été considérés. Les résultats obtenus à l'échelle locale (135 stations au sein d'un bassin hydrographique de Nouvelle Zélande) ont permis de mettre en évidence que l'impact d'une espèce invasive (la truite, Salmo trutta L.) sur une espèce native (Galaxias anomalus Stockell) peut varier spatialement en fonction des caractéristiques abiotiques locales. En particulier, les perturbations anthropiques, telles que la modification des habitats résultant des variations de débit, ne favorisent pas forcément les espèces invasives. Ainsi, la conservation d'une espèce native menacée nécessite des mesures de gestion adaptées au contexte environnemental local. Enfin, une étude expérimentale souligne le fait qu'une espèce considérée à priori comme invasive et nuisible (le poisson chat, Ameiurus melas Raff.) doit faire l'objet d'études quant à son impact réel sur les espèces natives ; ceci afin de mettre en place des mesures de gestion adaptées aux caractéristiques comportementales et écologiques de l'espèce impactée. Les résultats obtenus à l'échelle régionale (bassin hydrographique) montrent que les introductions d'espèces de poissons d'eau douce en Europe ont conduit à une augmentation de la diversité alpha des bassins hydrographiques (c'est-à-dire une augmentation du pool régional d'espèces), mais ont provoqué une diminution de la diversité beta (homogénéisation taxonomique). L'augmentation du pool régional de poissons d'eau douce en Europe ne doit pas forcément être interprétée comme bénéfique pour la biodiversité, car les extinctions d'espèces se déroulent généralement à des échelles de temps plus grandes que le phénomène d'introduction d'espèces. Ensuite, il semblerait que la distribution actuelle des poissons d'eau douce exotiques en Europe (c.-à-d. les espèces non européennes) soit le résultat combiné d'une limitation de leur dispersion liée aux activités humaines et d'un contrôle environnemental associé aux contraintes climatiques. Enfin, il est montré que le niveau d'anthropisation d'un bassin hydrographique, et plus particulièrement sa richesse économique, est le principal déterminant de la richesse régional en espèces non natives de poissons d'eau douce.

Sous la direction du :
Directeur de thèse
Brosse, Sébastien
Ecole doctorale:Sciences écologiques, vétérinaires, agronomiques et bioingénieries (SEVAB)
laboratoire/Unité de recherche :Laboratoire Evolution et Diversité Biologique, UMR 5174
Mots-clés libres :espèces non natives - poissons d'eau douce - assemblages d'espèces - macroécologie - homogénéisation biotique - modèles nuls - filtres environnementaux - hotspots d'invasion
Sujets :Sciences de l'environnement
Déposé le :02 Apr 2008 16:29