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Montastier, Emilie. Apports des omiques du tissu adipeux dans la compréhension des mécanismes adaptatifs après une perte de poids chez les patients obèses

Montastier, Emilie (2014). Apports des omiques du tissu adipeux dans la compréhension des mécanismes adaptatifs après une perte de poids chez les patients obèses.

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Résumé en francais

L'obésité est une maladie chronique évolutive, pour laquelle le traitement médical reste mis en échec sur le long terme. Perdre du poids et maintenir cette perte durant plusieurs années demeure un défi pour un bon nombre de patients obèses. Un excès d'adiposité est clairement associé à un certain nombre de co-morbidités dont la résistance à l'action de l'insuline. L'objectif du traitement de l'obésité est non seulement la perte de poids mais aussi la prise en charge des co-morbidités associées. Depuis quelques années, de nouveaux concepts ont émergé quant au rôle du tissu adipeux dans le développement de la résistance à l'insuline et ce tissu apparait comme un objet d'étude de premier plan. Les adaptations métaboliques et moléculaires se produisant à son niveau lors d'une perte de poids restent mal connues. Une approche multidisciplinaire impliquant l'intégration de données cliniques, biochimiques et omiques est essentiel pour appréhender toute la complexité de ces adaptations à la perte pondérale. Les objectifs de cette thèse étaient : 1. d'identifier les déterminants cliniques, biologiques et génétiques de l'expression de gènes dans le tissu adipeux sous cutané abdominal lors d'une intervention diététique de grande ampleur enrôlant des patients obèses ou en surpoids. 2. D'étudier les relations entre les variations d'expression des gènes du tissu adipeux, les changements de la composition en acides gras du tissu adipeux et les modifications cliniques et biologiques dans cette même cohorte. 3. De savoir si la variation d'expression de gènes pouvait expliquer voire prédire l'évolution de la résistance à l'insuline durant ce même protocole. DiOGenes est une étude européenne multicentrique d'intervention nutritionnelle chez plus de 700 patients obèses ou en surpoids, associant une phase de restriction calorique de 8 semaines à l'issue de laquelle les patients, qui avaient perdu au moins 8% de leur poids initial, étaient randomisés en 5 branches ad libitum pour un suivi de 6 mois : 4 groupes étaient assignés à un régime variant selon la teneur en protéine et l'index glycémique, et un groupe témoin. Chez 311 patients de cette cohorte, nous avons montré que l'expression de 271 gènes du tissu adipeux sous-cutané, était influencé par le sexe des sujets et ce, de façon indépendante de la masse grasse, du statut nutritionnel et des chromosomes sexuels. Nous avons également observé que l'expression différentielle de plusieurs gènes était significativement associée à la présence d'un syndrome métabolique chez ces patients. Enfin, le contrôle de l'expression des gènes par les marqueurs du polymorphisme génétique cis n'était pas affecté par le sexe des individus, ni par le statut nutritionnel. Nous avons également étudié la composition en acides gras du tissu adipeux de 135 femmes ayant suivi ce programme et l'avons confrontée aux données d'expression génique et clinico-biologiques. Par une approche basée sur les réseaux et les classifications de sommets, nous avons identifié l'acide myristoléïque comme un marqueur lipidique pertinent de la lipogenèse de novo et de l'activité de la SCD durant la perte de poids. Une signature génique anabolique, unique aux sujets qui reprennent du poids, a été observée suggérant une activation des voies de la prolifération cellulaire. Chez 216 sujets, nous avons montré que le transcrit qui expliquait le mieux l'évolution de la sensibilité à l'insuline était le gène CIDEA et que les variations de son niveau d'expression suivaient l'évolution de la sensibilité à l'insuline, indépendamment de l'indice de masse corporelle. Le potentiel prédictif de la sensibilité à l'insuline par les niveaux d'ARNm reste à déterminer. Ce protocole d'intervention nutritionnelle européen de conception originale offre l'opportunité unique de relier les évènements cliniques et biologiques survenant au gré des variations pondérales à des données de science fondamentale (expression génique, composition en acides gras du tissu adipeux), donnant ainsi du sens à une démarche de recherche translationnelle.

Sous la direction du :
Directeur de thèse
Viguerie, Nathalie
Ecole doctorale:Biologie, santé, biotechnologies (BSB)
laboratoire/Unité de recherche :Institut des Maladies Métaboliques et Cardiovasculaires (I2MC), INSERM UMR 1048
Mots-clés libres :Obésité - Tissu adipeux - Omiques - Intervention diététique - Perte de poids
Sujets :Sciences du vivant
Déposé le :17 Nov 2014 10:44