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Azar, Pascal. Mécanismes responsables des différences liées au sexe dans la production d'IFNa TLR7-dépendante des cellules dendritiques plasmacytoïdes humaines : implication dans l'infection par le VIH

Azar, Pascal (2016). Mécanismes responsables des différences liées au sexe dans la production d'IFNa TLR7-dépendante des cellules dendritiques plasmacytoïdes humaines : implication dans l'infection par le VIH.

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Résumé en francais

Les maladies auto-immunes et les infections virales affectent différemment les femmes et les hommes. En général, les femmes développent des réponses immunes antivirales plus fortes mais sont plus susceptibles aux maladies auto-immunes. Des différences liées au sexe sont observées dans les fonctions innées des cellules dendritiques plasmacytoïdes (pDC) qui sécrètent de grandes quantités d'IFN de type I suite à l'activation de leur récepteur TLR7 par des ARNs viraux ou endogènes. Les ligands de TLR7 induisent une fréquence plus importante de pDCs productrices d'IFN-alpha chez les femmes que chez les hommes. Ceci pourrait être particulièrement relevant lors de l'infection par le VIH-1 où la charge virale et la progression de la maladie dépendent du sexe. Notre équipe a montré que l'activation du récepteur alpha aux œstrogènes (RE-alpha) par l'œstradiol (E2) augmentait les réponses TLR dépendantes des pDCs murines in vitro et que l'administration d'E2 à des femmes ménopausées produisait les mêmes effets. Cependant, une démonstration directe du rôle des récepteurs aux œstrogènes (RE) dans les pDCs humaines fait toujours défaut. De plus, des facteurs génétiques peuvent aussi contribuer aux différences liées au sexe dans les réponses innées des pDCs. Ainsi, un polymorphisme fréquent du gène TLR7 codé sur le chromosome X (c.32A>T, dbSNP rs179008) a été associé à des différences de susceptibilité à l'infection par le VIH. L'allèle c.32T de TLR7 est plus fréquemment retrouvé chez les femmes infectées par le VIH mais pas chez les hommes infectés. Il a été suggéré que cet SNP conduirait à une perte de fonction de TLR7 mais cela n'a jamais été directement démontré dans les pDCs et les mécanismes sous-jacents ne sont pas connus. Les objectifs de ma thèse étaient 1) d'étudier le rôle de la signalisation des REs sur les réponses TLR-dépendantes des pDCs humaines et 2) d'élucider les mécanismes des effets sexe-dépendants du SNP c.32A>T sur la réponse TLR7 des pDCs. Nous montrons d'abord que les pDCs humaines primaires expriment RE-alpha et RE-beta. Dans un modèle in vitro de différentiation de pDCs humaines, l'inhibition de la signalisation des REs par l'ICI182,780 induit une diminution de la maturation des pDCs et de leur production de cytokines après stimulation de TLR7. L'ICI182,780 inhibe également la production d'IFNalpha par la lignée de pDCs GEN2.2. À l'aide de shRNAs ciblant les gènes ESR1 (ER-alpha) ou ESR2 (ER-beta) dans les pDCs GEN2.2, nous montrons que le récepteur ER-alpha, et non ER-beta, est indispensable à la production optimale de cytokines. De plus, la supplémentation par de l'E2 augmente la production de cytokines chez les pDCs GEN2.2 cultivées en milieu déstéroïdé, indiquant un effet ligand dépendant de RE-alpha. Ensuite, nous avons confirmé que la fréquence de l'allèle c.32T de TLR7 tend à augmenter parmi les femmes infectées par le VIH-1. Nous démontrons que, contrairement aux hommes, chez les femmes porteuses de l'allèle c.32T contrôles ou infectées par le VIH, la fréquence des pDCs productrices d'IFN-alpha suite à une stimulation TLR7 est plus faible. De plus, la comparaison intra individuelle chez des femmes hétérozygotes pour cet SNP montre un enrichissement de la population de pDCs IFN-alpa+ en cellules exprimant l'allèle c.32A. Enfin, nos résultats montrent que cet SNP n'affecte pas la localisation ou le trafic intracellulaire de TLR7 mais induit une diminution du dosage de la protéine en inhibant la traduction de cette dernière par un mécanisme évoquant le biais d'usage des codons. En conclusion, nos résultats établissent clairement un rôle amplificateur de la signalisation RE-alpha sur la production d'IFN de type I par les pDCs humaines qui contribue aux différences liées au sexe dans leurs fonctions innées. De plus, nous avons démontré un effet inhibiteur sexe-dépendant du SNP c.32A>T sur la production d'IFN-alpha par les pDCs de femmes. En perturbant le taux de traduction et donc le dosage de TLR7 cet SNP augmenterait la susceptibilité des femmes à l'infection par le VIH.

Sous la direction du :
Directeur de thèse
Guéry, Jean-Charles
Mejia, José Enrique
Ecole doctorale:Biologie, santé, biotechnologies (BSB)
laboratoire/Unité de recherche :Centre de Physiopathologie de Toulouse-Purpan (CPTP), UMR 1043
Mots-clés libres :Différences liées au sexe - Cellules dendritiques plasmacytoides - TLR7 - Oestrogènes - VIH - Polymorphisme
Sujets :Sciences du vivant
Déposé le :20 Jan 2017 15:00