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Gatimel, Nicolas. Morphométrie des vacuoles du spermatozoïde humain : intérêt physiopathologique

Gatimel, Nicolas (2016). Morphométrie des vacuoles du spermatozoïde humain : intérêt physiopathologique.

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Résumé en francais

Depuis plus de 30 ans, de nombreuses publications se sont attachées à expliquer la physiopathologie des anomalies morphologiques du spermatozoïde humain et ont mis en évidence des corrélations entre le pourcentage de formes normales et certaines anomalies fonctionnelles et des relations avec certains facteurs d'exposition. Le caractère physiologique de la plupart des " traits " morphologiques du spermatozoïde humain rend très difficile l'interprétation du spermocytogramme en dehors des syndromes d'anomalies monomorphes. A ces difficultés d'interprétation, viennent se rajouter le manque cruel de fiabilité analytique des techniques actuelles pour l'évaluation de la morphologie du spermatozoïde humain rendant très difficile l'utilisation de seuil décisionnel pour le choix d'une technique d'Assistance Médicale à la Procréation. Cette morphologie est classiquement observée sur lame après coloration (de Schorr le plus souvent). Il a récemment été développé une technique d'observation des spermatozoïdes mobiles associant un contraste interférentiel de Nomarski et un fort grossissement numérique et optique de x6000 au total permettant de mieux déceler certaines anomalies et notamment des vacuoles au niveau de la tête des spermatozoïdes. Cette technique est appelé MSOME (Motile Sperm Organelle MorphologyExamination). L'origine de ces vacuoles reste controversée, sont-elles d'origine nucléaire ou acrosomique ? Certains auteurs ont mis en évidence une relation entre la présence de larges vacuoles et des anomalies de condensation de la chromatine. De plus, beaucoup de questions subsistent quant au réel intérêt diagnostic du MSOME. Au cours d'un premier travail j'ai essayé d'amener un argument supplémentaire à l'origine des vacuoles. J'ai étudié le cas de deux patients atteints de globozoospermie totale (patients porteurs de spermatozoïdes sans acrosome confirmé par microscopie électronique). Au cours de ce travail, outre l'analyse morphométrique des vacuoles avec le MSOME, j'ai utilisé des techniques d'immunofluorescence (lectines PNA et anticorps anti-CD46) pour analyser le statut acrosomique et des techniques TUNEL (terminal deoxynucleotidyltransferase-mediateddUTPnick-end labelling assay) et SCSA (spermchromatin structure assay) pour le statut nucléaire du spermatozoïde. Les deux patients avaient un nombre et une surface vacuolaire (6,3% et 5%) très similaires à celles de 12 témoins fertiles (5%) permettant d'exclure une origine acrosomique de la plupart de ces vacuoles. Je me suis ensuite intéressé à l'impact de la congélation du sperme (très utilisé en pratique clinique) sur l'apparition de ces vacuoles. Après analyse morphométrique précise à l'aide d'un logiciel d'analyse d'image de plus de 2000 spermatozoïdes avant et après congélation (27 individus) je n'ai retrouvé aucune différence statistiquement significative en termes de nombre, surface et position de ces vacuoles entre avant et après congélation. De nombreux auteurs plaident en faveur d'une utilisation en pratique clinique de cette évaluation des vacuoles à fort grossissement sans qu'il n'y ait aucune donnée sur la présence de ces vacuoles dans une population de référence (témoins fertiles). J'ai donc réalisé une analyse morphométrique précise de ces vacuoles dans une population de 50 témoins fertiles. La très grande fréquence de ces vacuoles (95,8 %) dans cette population souligne le caractère physiologique de la plupart d'entre elles. Après comparaison de ces valeurs à une population de patients atteints d'infertilité idiopathique, aucune différence significative n'a été retrouvé soulignant l'absence d'intérêt de cet examen à fort grossissement pour contribuer à l'explication de ces infertilités inexpliquées. A côté de cette approche physiopathologique, j'ai regardé à travers une étude rétrospective réalisée au sein du centre d'Assistance Médicale à la Procréation du CHU de Toulouse sur 270 couples ayant déjà eu 2 échecs de FIV-ICSI conventionnelle, l'impact de la sélection de spermatozoïde ayant le moins de vacuoles possible avant injection dans l'ovocyte au cours d'une tentative de Fécondation In Vitro. Je n'ai retrouvé aucune différence en terme de taux d'implantation, de taux de grossesse ni de taux d'accouchement par rapport à la FIV ICSI avec sélection du spermatozoïde à un grossissement standard (x400). En dépit de relations avérées entre la présence de larges vacuoles (qui ne sont pas d'origine acrosomique) et des anomalies du matériel nucléaire, nous pouvons souligner le caractère physiologique de la plupart de ces vacuoles et l'absence d'intérêt diagnostic de cette technique dans les infertilités inexpliquées.

Sous la direction du :
Directeur de thèse
Parinaud, Jean
Léandri, Roger
Ecole doctorale:Biologie, santé, biotechnologies (BSB)
laboratoire/Unité de recherche :Groupe de Recherche en Fertilité Humaine (GRFH), EA 3694
Mots-clés libres :Morphologie spermatique - Vacuoles - Qualité du noyau - Infertilité - MSOME - IMSI - Globozoospermie - Fort grossissement
Sujets :Sciences du vivant
Déposé le :10 Feb 2017 09:50