LogoLogo

Guion, Vincent. Prise en charge de la douleur et de la fin de vie en EHPAD : prévention, anticipation et accès aux soins palliatifs

Guion, Vincent (2020). Prise en charge de la douleur et de la fin de vie en EHPAD : prévention, anticipation et accès aux soins palliatifs.

[img]
Preview
PDF - nécessite un logiciel de visualisation PDF comme GSview, Xpdf or Adobe Acrobat Reader
9Mb

Résumé en francais

Les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) constituaient en 2015 le dernier lieu de vie pour 148.300 résidents, soit un quart des personnes décédées en France. La plupart de ces décès (87%) sont attendus et leur prise en charge pourrait être anticipée. Environ 130.000 résidents d'EHPAD chaque année pourraient bénéficier de soins palliatifs à la fin de leur vie. Pourtant, presqu'un quart des résidents sont "dans un réel inconfort physique" lors de leur dernière semaine de vie, et la sensibilisation des médecins traitants aux soins à apporter en fin de vie est très inégale dans les EHPAD. Un résident d'EHPAD sur quatre est hospitalisé en urgence dans ses deux dernières semaines de vie, et/ou décède lors d'une hospitalisation. Leur prise en charge palliative reste donc insuffisante dans ses dimensions de prévention, d'anticipation et d'accès aux soins palliatifs. L'objectif de la première étude était de déterminer si une intervention forte en EHPAD associant un audit, un retour d'information comparatif avec le bassin de santé et la région, et un accompagnement personnalisé et collaboratif dans la filière gériatrique locale permettait de diminuer la prévalence des résidents douloureux comparativement à une intervention associant seulement l'audit et le retour d'information. L'objectif de la deuxième étude était de décrire les trajectoires fonctionnelles des résidents d'EHPAD après leur transfert aux urgences et de rechercher les déterminants des capacités fonctionnelles et de la mortalité après ce transfert. L'objectif de la troisième étude était de décrire les trajectoires conjointes de douleur, dyspnée, confusion, agitation et altération de l'état général des résidents d'EHPAD après transfert aux urgences et de rechercher les facteurs prédictifs de l'évolution symptomatique. Les données des études IQUARE et FINE ont été utilisées pour répondre à ces objectifs. Les analyses statistiques incluaient des modèles de survie, un modèle logistique à effets mixtes, un modèle linéaire à effets mixtes, et des modèles mixtes à classes latentes. L'intervention forte dans l'étude IQUARE était associée à un moindre risque de douleur et à un accès plus large des résidents à une prise en charge antalgique conforme aux bonnes pratiques que dans le groupe d'intervention faible. Presque la moitié des résidents dans l'étude FINE ont perdu de l'autonomie fonctionnelle ou sont décédés après leur transfert aux urgences. Le déclin fonctionnel a été surtout influencé par l'état de santé du résident (symptômes d'inconfort, fracture, AVC) et par le parcours de soins après le transfert (durée de séjour hospitalier, mode de sortie). Les trajectoires fonctionnelles des résidents permettent de mieux appréhender leur résilience au travers d'un stress tel qu'un passage aux urgences. L'évolution des symptômes après un transfert aux urgences dans l'étude FINE différait selon leur nature : les symptômes spécifiques de l'affection causale ont été bien soulagés, contrairement à ceux plutôt liés aux comorbidités ou au terrain. La prévention de souffrances évitables des résidents d'EHPAD en fin de vie pourrait s'appuyer sur la décision de traiter sur place ceux dont l'état de santé (dépendance élevée, multiples comorbidités) et l'affection aiguë (grave, incurable) suggèrent l'absence de bénéfice à un transfert aux urgences. Leur identification précoce permettrait d'anticiper les limitations thérapeutiques nécessaires et les stratégies alternatives à un transfert aux urgences. L'accès des résidents d'EHPAD aux soins palliatifs peut s'appuyer sur la mobilisation des soignants de l'EHPAD après mise en œuvre de mesures pédagogiques et des mesures organisationnelles assurant leur application rapide, mais en effectifs suffisants pour assurer une prise en charge optimale. Le soutien des équipes d'EHPAD pourrait également être assuré grâce à des partenariats et collaborations avec des acteurs extérieurs (équipes gériatriques hospitalières).

Sous la direction du :
Directeur de thèse
Rolland, Yves
Ecole doctorale:Mathématiques, informatique, télécommunications de Toulouse (MITT)
laboratoire/Unité de recherche :Laboratoire d'Epidémiologie et analyses en santé publique : risques, maladies chroniques et handicaps (LEASP), UMR 1027
Mots-clés libres :Etablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes - Formation - Organisation - Indépendance - Urgence - Transfert - Trajectoire fonctionnelle - Mortalité - Symptômes - Inconfort - Dyspnée - Fièvre - Agitation - Confusion - Fatigue
Sujets :Sciences du vivant
Déposé le :15 Dec 2020 08:56