LogoLogo

Marty, Charles. Nutrition et réponses des plantes subalpines pyrénéennes à la contrainte azotée

Marty, Charles (2009). Nutrition et réponses des plantes subalpines pyrénéennes à la contrainte azotée.

[img]PDF - nécessite un logiciel de visualisation PDF comme GSview, Xpdf or Adobe Acrobat Reader
5Mb

Résumé en francais

Les habitats d'altitude sont caractérisés par une faible disponibilité en azote, principal élément limitant la croissance des plantes. Ils offrent par conséquent l'opportunité d'étudier les mécanismes d'utilisation et de conservation de l'azote développés par les plantes, ainsi que l'organisation des communautés végétales en réponse à cette contrainte. Des expériences de traçage isotopique au 15N en chambre de culture font apparaître une faible capacité de prélèvement net de l'azote minéral chez une espèce herbacée caractéristique des milieux montagnards du sud de l'Europe (Festuca nigrescens). Ceci resulte d'un efflux très important (jusqu'à 80% de l'influx pour NH4+), et non d'une faible valeur d'influx. Ce résultat suggère que cette plante ne serait pas capable d'utiliser efficacement un surplus d'azote d'origine anthropique dans son milieu naturel. En serre, d'autres expériences de traçage mettent en évidence un flux d'azote important d'une espèce fixatrice (Trifolium alpinum) vers Festuca eskia (Poaceae). Ce flux est beaucoup plus faible vers Nardus stricta (Poaceae), espèce généralement associée aux deux précédentes dans les pelouses subalpines pyrénéennes. Nos résultats font apparaître un effet facilitateur de la légumineuse sur les deux poacées en milieu naturel: leur croissance et leur prélèvement en azote sont en effet stimulés par sa proximité. Cependant, lorsque les trois espèces sont associées sur le terrain, seule F. eskia tire bénéfice de la présence de la légumineuse, suggérant que cette espèce est plus compétitive dans l'acquisition de l'azote en provenance de T. alpinum. Il est souvent considéré que la disponibilité en azote exerce un contrôle sur la durée de vie des feuilles, le recyclage interne de cet élément ou encore la capacité photosynthétique des plantes. Ces hypothèses ont été testées sur une espèce sempervirente typique de l'étage subalpin (Rhododendron ferrugineum). Nos recherches montrent une grande variabilité de la longévité foliaire entre populations, qui semble résulter d'une variabilité de la disponibilité en azote dans le sol. Lorsque celle-ci est faible, le processus de résorption associé à la sénescence suivie de la chute précoce des feuilles permet de fournir une importante quantité d'azote, nécessaire à la production annuelle des nouvelles pousses. En revanche, ceci réduit fortement la capacité d'assimilation du CO2 à l'échelle de la canopée. Pour R. ferrugineum, la longévité foliaire semble résulter d'un compromis entre la productivité et la conservation de l'azote. Le fait que la réponse plastique de cette plante à une faible disponibilité de l'azote dans le sol soit une diminution de la durée de vie des feuilles révèle l'existence d'un " contre-gradient ", puisque la réponse évolutive à ces conditions est généralement une augmentation de la longévité foliaire

Sous la direction du :
Directeur de thèse
Lamaze, Thierry
Pornon, André
Ecole doctorale:Sciences écologiques, vétérinaires, agronomiques et bioingénieries (SEVAB)
laboratoire/Unité de recherche :Centre d'Etudes Spatiales de la BIOsphère (CESBIO), UMR 5126 ; Laboratoire Evolution et Biodiversité, UMR 5174
Mots-clés libres :Durée de vie des feuilles - Efficacité d'utilisation de l'azote - Etage subalpin - Festuca eskia - Festuca nigrescens - Nardus stricta - Nutrition azotée - Résorption - Rhododendron ferrugineum - Sempervirence - Trifolium alpinum - 15N
Sujets :Sciences du vivant
Déposé le :04 Jan 2010 17:53