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Samba Louaka, Ascel Regis. Détermination de la voie de signalisation cellulaire eucaryote détournée par la protéine bactérienne Cif

Samba Louaka, Ascel Regis (2009). Détermination de la voie de signalisation cellulaire eucaryote détournée par la protéine bactérienne Cif.

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Résumé en francais

Cif est une protéine produite par certaines souches d'Escherichia coli entéropathogènes (EPEC). Ces bactéries disposent d'un arsenal d'effecteurs qui sont injectés dans la cellule hôte par une seringue moléculaire (le système de sécrétion de type III). Cif est l'un de ces effecteurs qui appartient à la famille des cyclomodulines. Cette dernière est composée de molécules bactériennes capables de moduler le cycle cellulaire des cellules eucaryotes. Dans les cellules épithéliales, Cif provoque un arrêt du cycle cellulaire (effet cytostatique) à la transition G2/M qui est associé à l'accumulation de la forme inactive de CDK1, inducteur universel de mitose. Cet effet est à l'origine de l'appellation Cif, Cycle inhibiting factor. J'ai démontré que l'effet cytostatique n'est pas uniquement la conséquence d'un arrêt des cellules à la transition G2/M. En effet, suivant la phase du cycle cellulaire lors de l'infection des cellules avec une EPEC qui exprime Cif, la translocation de Cif peut provoquer un arrêt en G1/S ou en G2/M. Ces arrêts sont associés à la stabilisation de protéines p21waf1 et p27kip1, qui régulent les complexes CDK/cyclines responsables des transitions des phases G1/S et G2/M du cycle cellulaire. Nous avons récemment démontré que des homologues fonctionnels de Cif étaient présents dans d'autres bactéries tels que Burkholderia pseudomallei, Yersinia pseudotuberculosis, Photorhabdus asymbiotica (pathogènes humains) et Photorhabdus luminescens (symbiote d'un nematode pathogène d'insecte). Ces protéines, qui partagent une structure commune et un même site catalytique, appartiennent à la superfamille des cystéine protéases et acétyl transférases. Même si le lien entre cette activité enzymatique et l'arrêt du cycle cellulaire reste à découvrir, on peut néanmoins définir Cif comme une nouvelle famille de protéines partagée par des souches phylogénétiquement très éloignées, pathogènes d'organismes variés, d'insectes comme de mammifères. En plus de son effet cytostatique (arrêt en G1 et G2), Cif induit in vitro la mort des cellules épithéliales issues de cryptes intestinales. La caractérisation de cette mort tardive (48h après infection des cellules) révèle qu'elle résulte d'un phénomène d'apoptose. Ces résultats montrent que l'effet cyclomoduline de Cif est complexe et inclut plusieurs étapes qui s'intègrent dans un long processus qui se termine par la mort de la cellule cible.

Sous la direction du :
Directeur de thèse
Oswald, Eric
Taieb, Frédéric
Ecole doctorale:Biologie, santé, biotechnologies (BSB)
laboratoire/Unité de recherche :Interaction Hôtes Agent Pathogène (IHAP), UMR 1225 INRA-ENVT
Mots-clés libres :Apoptose - Cif - Cycle cellulaire - EPEC - Inhibiteurs de CDK - p21waf1 et p27kip1 - Système de sécrétion de type III - Protéasome et effecteurs bactériens
Sujets :Sciences du vivant
Déposé le :22 Jan 2010 18:30